Récapitulatif de mon parcours Sleeve avant ma prise de conscience.

Citation auteure

Historique de mon avant parcours Sleeve

Temps de lecture : 9 mn environ

Comment cela a commencé ?

Je n’ai jamais été « grosse » petite ou même adolescente. Non, pas du tout, c’était même l’inverse. Alors que s’est-il passé pour que je veuille entreprendre le parcours d’une Sleeve ? Et pourquoi je pense à la Sleeve aujourd’hui ?

J’ai commencé à prendre un peu de poids après avoir arrêté brutalement le sport que je pratiquais très assidument jusqu’à l’âge de 26 ans. Et puis, peu de temps après, j’ai eu quelques différends familiaux (à vrai dire, très importants) qui m’ont rendue nerveuse et stressée. Quelques temps plus tard, se sont enchainés de très grandes tensions au travail qui s’est terminé par du harcèlement moral.

Pendant cette période qui a duré environ deux ans, une petite quinzaine de kilos, passant d’un 68 kg pour 1,77 m à 85 kg (environ). Pour tenir la chronologie, je dirai que j’avais 29 ans à l’époque.

Ensuite…

Ma première grossesse est arrivée et là, ça a été l’explosion ! À la fin de ma grossesse, j’étais à 112 kg. Je ne pouvais plus monter sur ma balance. Ça me flinguait le moral. Alors que tout le monde me disait :

« Tu vas voir, tu vas tout perdre, ou au moins une bonne partie après avoir accouchée ! ».

Il s’avère qu’après avoir mis au monde ma fille, j’en étais à 104 kg ! Et ce nombre à trois chiffres me terrifiait ! Toute ma vie, ma mère me rabâchait que je devais rester mince et voilà que j’avais passé le cap des 100 kg !

Alors, certain(e)s se diront que je pouvais refaire du sport pour retrouver ma ligne en faisant un petit peu attention. Alors, entre ma mère et ma belle-mère qui me rabâchaient de faire attention à ce que je mangeais, un mal de dos qui m’empêchait de bouger et le fait que j’allaite… alors que j’étais victime d’un baby-blues, non pris en compte, ne m’ont pas permis de me retourner et de me reprendre en main. Je crois que j’ai sombré à ce moment-là.

tasse de thé, une pause
Il faut savoir se poser à un moment, dans le tourbillon de la vie…

Quelques mois plus tard…

Deuxième grossesse et déménagement ! Je voulais avoir deux enfants avec un âge rapproché. Certain(e)s m’ont blâmer pour ce choix (mais vous avez toujours quelqu’un pour les critiquer, quoique vous fassiez !). Je me disais : c’est ma vie, pas celle des autres. Malheureusement, la grossesse n’a pas abouti. Moral dans les chaussettes, repli sur soi, ce fut une période difficile.

On va dire que lorsque j’ai une idée en tête, je ne laisse pas démonter et j’ai retenté une grossesse qui a vu la naissance de ma deuxième fille deux ans plus tard. Je n’ai pas eu de baby-blues cette fois-là, j’étais mieux entourée.

Les premiers régimes !

La vie ne se déroule pas toujours comme on le souhaite et la roue a tourné dans le mauvais sens. Là ont commencé toutes sortes de régimes ! Du protéiné, au jeûne, en passant par le régime dissocié, végétarien, frugivore, hypocalorique, ou encore Weight Watchers et j’en passe… Plus je tentais de maigrir et plus je grossissais !

Engluée dans un tas de soucis du quotidien, en plus de ne plus m’entendre avec ma propre famille, j’ai essayé de faire face, avec plus ou moins de succès. Mes régimes n’ont pas abouti, pour certains, il valait mieux car très dangereux sur le long terme.

J’étais tourmentée et pour l’oublier, j’ai testé un tas d’activité manuel (dessin, broderie, scrapbooking et d’autres), tout comme je me suis lancée dans un tas de technique de bien-être comme la sophrologie, les massages (qui me faisaient souffrir), le magnétisme, les HE et beaucoup d’autres choses.

Finalement, j’ai commencé à écrire à force de lire. J’imaginais tellement d’histoires… J’ai démarré l’écriture et j’ai redéménagé. Un parcours sur huit ans qui a été long, très pénible par bien des aspects et beaucoup de questions existentielles. Mais comment se sentir bien avec quarante kilos installés ? Et des personnes qui vous répètent tous les jours que vous êtes grosse, moche et mal fagotée ? Avec des conseils pleins la bouche, comme s’ils avaient reçu la science infuse ?

ET AVEC TOUT ÇA ?

Mes kilos se sont installés, me sentant de plus en plus mal avec mon image, avec moi-même. Les réflexions des vendeuses du genre :

« Madame, nous n’avons pas votre taille dans ce magasin ! »

Bien fort, pour que tout le monde l’entende, alors que tu viens chercher un cadeau pour ta nièce. Où te vexer sur ta tenue pas très sexy ou glamour, te rabaisser en ricanant, en te faisant comprendre que si t’es grosse, c’est parce que tu le veux bien ! Parce que tu n’as pas de courage! Parce que t’es qu’une feignasse dans le fond! Parce que tu n’as pas de volonté! Parce que t’es qu’une merde! Voilà!

Comment dire? J’ai fait une dépression nerveuse parce qu’en plus, je me trainais un autre problème tout aussi compliqué à gérer : mes parents! Je n’ai à priori aucun stigmate qui devrait faire en sorte d’avoir mes parents sur le dos, mais bons… visiblement, il y a des personnes qui n’ont pas besoin d’un objet pour déverser leur colère/rancune sur quelqu’un. C’est pour cela que je relativise toujours sur les « haineux ». S’ils sont malheureux, ils ne peuvent pas supporter que d’autres puissent l’être et moi, j’étais un peu trop heureuse de vivre malgré mes problèmes.

Personne dépressive

Claudia

Pourquoi je raconte tout ça ?

Un peu pour faire le bilan. Peut-être que des personnes se reconnaîtront et elles verront qu’elles ne sont pas seules dans le même cas. Le regard de l’autre est bien souvent cruel, même si c’est parfois de manière inconsciente.

Autrefois, je culpabilisais tellement que je me cachais et encore aujourd’hui, j’ai beaucoup de mal avec mon image. Mais petit à petit, je surmonte cela et je crois que c’est parce que justement j’entreprends cette démarche là. Et écrire mon expérience vaut aussi comme une sorte de thérapie.

Je veux pouvoir passer à table sans culpabiliser. La nourriture est devenue mon ennemi avec le temps. Je veux pouvoir prendre un morceau de gâteau dans le rue et le manger, sans avoir ces regards qui disent : « Ça ne m’étonne pas qu’elle soit grosse ! » ; alors que c’est peut-être le premier depuis un mois (au passage, j’adore les donuts). 

Donuts dans lequel on a croqué

Thomas Kelley

 Pourquoi j’ai entrepris mes démarches maintenant ?

Il y a environ trois ans, j’ai été à un cheveu d’y rester à cause d’une anémie grave. Je m’en suis sortie, bien qu’épuisée. Mais après la sortie de l’hôpital et qu’en raison de divers facteurs extérieurs, j’ai grossi d’un coup de 35 kg (en 3 mois). J’en étais arrivée à 160 kg. Dans mon esprit, la confusion la plus totale régnait et j’avais peur d’y rester. J’étais affolée d’autant que je ne mangeais plus du tout. Je pouvais jeûner durant des jours.

Alors pourquoi ? Que m’arrivait-il ? Je ne comprenais plus ! L’accablement pesait sur mes épaules.

Mon séjour dans un service de nutrition d’un hôpital sur mon parcours Sleeve a répondu à mes questions :

J’ai appris au cours de mon séjour qu’une personne qui ne dormait pas ou peu prenait du poids. Je dormais à peine 3 h par nuit et ça pendant très longtemps. Cette fameuse période où j’ai pris beaucoup de poids en très peu de temps, je ne dormais presque plus, je faisais des micro-siestes.

De plus, ne pas manger… et surtout jeûner, aboutissait à une reprise de poids plus importante. En effet, notre organisme privé de nourriture stock pour les jours de disettes ! (Ne mangez pas en dessous de 1200 calories par jour, sauf si c’est votre médecin qui vous le demande). 

Le questionnement !

Je me suis dit : Y’a pas moyen! Il faut que je perde du poids. D’une part, pour pouvoir marcher, monter un escalier sans avoir mal aux articulations. Mais aussi que je puisse m’habiller et me chausser normalement. Ne serait-ce que retourner dans un taille 50 ! Vu ma taille, je paraitrais « normale ».

Être enfin prête à entendre : J’ai enfin écouté mon généraliste qui voulait m’envoyer voir un nutritionniste et entamer mon parcours de chirurgie. Il craignait pour ma vie et ne voyait plus que cette solution pour moi. Et me voici depuis août 2017 dans mon parcours Sleeve.

Conclusion
Si tu crois qu’une personne est obèse parce qu’elle le veut, ou parce qu’elle n’a aucune volonté, sache que le facteur psychologique est un des plus importants, avec le stress et le manque de sommeil.

En conclusion

Mon parcours actuel m’a permis de me rendre compte que j’enterrais la hache de guerre avec moi-même, avec les autres… Tout ce qui m’importe maintenant, c’est de me sentir libre de vivre comme je le souhaite et plus sous la pression de certains de mes proches, ou de la société.

femme libre
Cette femme représente assez bien l’état d’esprit où je me trouve aujourd’hui.

Un dernier petit mot sur ma famille ! Mon mari m’a toujours soutenu. Il ne s’est jamais détourné de moi, bien au contraire. Au départ, il avait peur que cette chirurgie ne me soit fatale, maintenant il a bien compris qu’il s’agit pour moi en fait de vivre. Mes filles aussi… Elles me soutiennent et elles sont toujours fières de leur maman. C’est mon plus grand réconfort et ce qui m’a permis d’avancer malgré les difficultés.

Lorsque l’on dit que l’écriture est une thérapie, je confirme !

À bientôt pour la suite,

Marlène

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